Je ne peux pas voir les émotions en peinture… sauf « Le désespéré »

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Correspondance de Gustave Courbet (entre réel et imaginaire)

« Avec ce masque riant que vous me connaissez, je cache à l’intérieur le chagrin, l’amertume, et une tristesse qui s’attache au cœur comme un vampire », écrivait Courbet lui-même, en 1854 à son mécène Alfred Bruyas.

Mon cher Alfred, ma peinture est le reflet de mon âme. Plus qu’un miroir elle est le réceptacle de mes émotions les plus intimes…. La peur, la colère, la tristesse passent de l’état d’humeur diffuse à celui de réalité physique. Je les traduis dans leurs excès: bouche tordue, pupille dilatée, teint pale, contraction de la machoire… Sans mon pinceau et ma toile je deviendrais fou. Ma raison ne résisterait pas aux coups de boutoir de ces tensions intérieures: estomac vrillé, coeur emballé au bord de l’explosion, poings serrés à faire blanchir mes phallanges… Vois-tu, je pense que mon pinceau est un couteau et ma toile la chair d’une victime expiatoire. Mes émotions sont les couleurs dans lesquelles je plonge mon pinceau”.

N’a jamais été écrit par Courbet, mais aurait pu l’être…

 

Sud-ouest de la France, XXIième siècle

La folie me guette. Je me surprends à me toucher les cheveux et la tête pour rester en contact avec moi-même. Ces yeux, ses yeux me fascinent et me vident de mon énergie. Je suis prêt à basculer dans le néant, l’incontrôle, le vide…

Et puis, prenant mon courage à deux mains, je le fixe, bravement. Il se décompose, ses yeux sont baissés, sa bouche exprime de la mélancolie. J’éprouve de la tristesse melangée à un sentiment de malaise. Il ne va pas bien, lui. Moi, finalement, ça va.

La folie, c’est sa folie. Maintenant je m’inquiète pour lui. Que va-t-il faire dans ce mouvement des bras, un coude en avant, un coude en arrière ? Je m’inquiète et je me sens impuissant à l’aider tellement sa détresse semble paroxystique.

Après tout, peut-être que je me trompe. Peut-être ne fait-il que se regarder dans un miroir à vouloir changer sa couleur de cheveux… Non, ce trait d’humour n’enlève pas l’effroi que je ressens. Je frissonne. Je le quitte.

 

Jean-Christophe Thibaud (jcthibaud@lectia.fr)

et

François Debly (francois.debly@5d-coaching.com)

Management : le pire n’est pas forcément à venir…

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Depuis le début du XXIème siècle les managers ne savent plus à quel saint se vouer… Entre soubresauts technologiques et crises économiques, ils ont le sentiment que la machine s’emballe. Avec l’entrée dans le XXIeme siècle ils ont dû enrichir leur vocabulaire de nouveaux mots et ajouter de nouveaux concepts dans leurs boîtes à outils. Après la révolution numérique, la digitalisation, la génération Y, la libération de l’entreprise, ils voient « débouler » l’intelligence artificielle, les neurosciences, la pleine conscience et le bonheur au travail…

L’intelligence artificielle (IA) au cœur de la nouvelle organisation du travail

display-dummy-915135_960_720D’après une enquête commanditée par la start-up « Narrative Science », 62% des entreprises seront utilisatrices, à plus ou moins grande échelle, de l’IA en 2018. En 2020 le marché de l’IA représentera 47 milliards d’Euros, contre 8 milliards en 2016.

La forme de l’IA en entreprise est multiple. Elle va de la simple génération automatique de textes, jusqu’à « l’automatisation robotisée » (prise en charge de processus et de tâches par la machine à la place d’humains), en passant par l’aide à la décision et l’apprentissage profond. Ce dernier permet aux machines de ne pas faire deux fois la même erreur et de développer une approche intuitive de leur environnement…

On peut donc se demander si la notion même de management ne va pas se vider de son sens. Ainsi, quelle sera la marge de manœuvre d’un manager face à un algorithme de prise de décision ? Algorithme qui pourra très bien, à terme, englober aussi le management des équipes…

D’un autre côté, le manager sera libéré des tâches répétitives, des prises de décisions courantes et chronophages. Il pourra alors enfin se concentrer sur le sens véritable de son métier : la motivation, l’implication, la cohésion, la gestion des conflits et le bien-être de ses collaborateurs.

Les neurosciences enseignées aux managers…

mechanical-2033446_960_720Dans les années à venir, toutes les écoles de management vont intégrer les neurosciences. On peut parier que les programmes de « neuro-management » vont faire florès.

Depuis la fin des années 90 nous sommes entrés dans l’âge d’or de la connaissance du cerveau grâce aux progrès de l’imagerie médicale. A la vision d’un « organe » que l’on pensait figé, condamné à régresser avec le vieillissement, se substitue au contraire l’image d’un ensemble de circuits reconfigurable dans le temps. On sait désormais que de nouveaux chemins neuronaux peuvent prendre la place d’anciens moins adaptés… et que notre cerveau est capable de communiquer avec d’autres cerveaux, à notre insu, grâce aux neurones miroirs.

En science du management, la recherche porte désormais sur l’adaptation du travail au fonctionnement cérébral. Le manager du futur sera-t-il pour autant un « programmateur » de cerveaux ? Pourra-t-il manipuler ses collaborateurs en optimisant leurs fonctions cérébrales en fonction des missions confiées ? Heureusement, ce n’est pas si simple. Ainsi, il est acquis que l’intelligence émotionnelle va au-delà de la « technicité ». Elle demande de l’empathie et de l’amour… et ce n’est pas donné à tout le monde !

Entre « Big Brother » et développement personnel

adult-2449725_960_720L’invention récente du concept de « bonheur au travail » au sein de l’hyper productivité de la « Silicon Valley », laisse percevoir le côté sombre de cette révolution en marche. Les salariés courent le risque de se voir imposer une injonction digne des grands romans de science-fiction. « Soyez heureux. Ne pensez qu’à votre travail, nous nous occuperons du reste ! ». Dans cette hypothèse les « Chiefs Happiness Officer » seront des geôliers perpétuellement souriants et forcément bienveillants…

On peut aussi entrevoir une voie inédite pour les groupes humains au sein des entreprises. Les « soft-skills », l’intelligence émotionnelle, le « neuromanagement « , la pleine conscience… vont peut-être permettre aux individus de réconcilier toutes les strates de leur vie, tant personnelle que professionnelle. L’illusion d’un « bonheur au travail » deviendrait alors la réalité d’une recherche de bonheur globale, d’un alignement de l’individu dans toutes ses composantes.

Et, comme d’habitude, si vous voulez plus d’informations sur nos séminaires, formations, petits-déjeuners, accompagnement, contactez-nous :

Jean-Christophe Thibaud 06 84 95 87 34/ jcthibaud@lectia.fr

ou François Debly 06 13 50 79 69/ francois.debly@5d-coaching.com

 

« Intégrer les émotions en entreprise » 22 septembre, Toulouse

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Le 30 juin, en partenariat avec EMI (« Espace Médiation et Idées »), nous avons pu réunir à Toulouse une trentaine de personnes sur la thématique des émotions en entreprise. Les échanges ont été fructueux. Nous avons pu constater à quel point ce sujet prenait désormais toute sa place dans le monde du travail.

Pour aller plus loin nous vous proposons de nous rejoindre le 22 septembre pour une journée de réflexion « Intégrer les émotions en entreprise ».

N’hésitez pas à nous contacter :

Jean-Christophe Thibaud 06 84 95 87 34/ jcthibaud@lectia.fr

ou François Debly 06 13 50 79 69/ francois.debly@5d-coaching.com

Profitez de vos vacances, et préparez vous un retour serein.

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Ca y est, le moment tant attendu est arrivé : vous rangez vos dossiers dans votre caisson, vous jetez les stylos dans leur pot, et vous éteignez l’ordinateur. L’heure des vacances a sonné, et soudain, tous vos soucis, dossiers brulants et autres engueulades avec votre collègue, décidément très c…, disparaissent comme par enchantement. Vous avez déjà le bleu de l’océan dans les yeux, le chemin de St Jacques de Compostelle dans les pieds, ou même la saucisse et l’aligot de l’Aveyron dans la bouche.

bureaucracy-2106924_960_720Comme chaque année, vous faites un break, salvateur, et il sera d’autant plus profond et apaisant que le retour risque d’être traumatisant : votre bureau vous semblera banal et commun, et, le bruit des vagues encore dans les oreilles, vous contemplerez la pile de dossiers qui vous avaient tranquillement attendu.

Afin d’éviter ce retour désastreux, quelques petits conseils de bon aloi.

 

Nagez à contre-courant

La nage à contre-courant est peu recommandée dans les baïnes landaises, mais elle est très utile et salvatrice au bureau.

Lucas est manager dans l’informatique, dans une société dont l’activité est très saisonnière. Il m’explique, en séance de coaching, que chaque année, il prend ses vacances une semaine plus tard que la majorité de ses collègues et collaborateurs.

write-593333_960_720Cette semaine là, il est en capacité de se concentrer sur des tâches de fond, sans être dérangé par les projets, les collaborateurs ou le téléphone. Une semaine à vraiment travailler sur ses “vrais” dossiers ! Je me souviens encore de la brillance de ses yeux… Et Lucas continue : “Vous comprenez, la première journée je fais le bilan du semestre (oui, je fais ça aussi pour les vacances de Noël) : ce qui a marché, moins bien fonctionné. Je me force à rester la journée entière sur le constat. La deuxième journée, je me mets en état de créativité afin de trouver des solutions, des idées nouvelles : je note tout ce qui me passe par la tête, je passe des heures à regarder les oiseaux voler sans rien penser, j’appelle des “candides” et je leur demande leur avis, … Le troisième jour, je choisis des stratégies, des outils, je mets en place tout doucement et j’adopte un regard critique sur l’ensemble. Enfin, le quatrième jour, j’organise le boulot en détails. Lorsque je reviens de congés, je peux démarrer rapidement.”

Soyez efficace, ne pensez plus à rien

Lucas part en congés la tête vide, sur de revenir avec tout ce qu’il faut pour bien repartir pour un semestre d’intense travail productif.

Mais ce n’est pas la stratégie de Ghislaine, cadre dans l’assurance. Elle préfère, le jour du départ, faire un point rapide sur ses principaux problèmes, ceux qui lui empoisonnent un peu la vie au bureau. Elles les notent sur un carnet qu’elle emporte avec elle.

girl-571808_960_720Durant ses congés, Ghislaine ne pense plus à ses problèmes, ils sont notés, elle n’a plus peur de les oublier (!). En revanche, Ghislaine s’accorde de longs moments de solitude et de rêverie, à ne penser à rien. C’est dans ces moments que lui viennent les idées… qu’elle note immédiatement sur son carnet.

 

Ghislaine a aussi décidé de prendre conscience de tout ce qui se dit dans les conversations familiales ou amicales. “Tiens, une bonne idée”, et elle note tout ce qui lui fait “tilt”, sans même savoir si ça a un rapport avec ses problèmes. Elle debriefera à la rentrée, le premier jour, celui où il est encore possible d’avoir un rythme lent.

Ghislaine fait confiance à la vie et à sa part créative pour lui trouver ses solutions. Mais pour cela, elle travaille sa présence, son “ici et maintenant”. Elle s’est inscrite dans un groupe de MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction), où elle a pratiqué la pleine conscience, ce qui lui permet maintenant, sans effort, d’être pleinement présente à la vie et d’en récolter les informations qu’elle veut bien lui donner.

Et vous ?

travel-1756150_960_720Qu’allez vous faire de vos vacances ? Nous attendons vos trucs et astuces pour des vacances pleinement ressourçantes, et un retour serein.

 

Nous prenons, nous aussi, quelques vacances afin de vous revenir en pleine forme, et de continuer à vous offrir des articles intéressants et stimulants (nous l’espérons). Si vous avez des idées à nous soumettre, des “problèmes” qui vous paraissent insolubles, ou des expériences à partager, des trucs et astuces à communiquer, contactez nous, et nous nous ferons une joie de compiler vos écrits, de les commenter, et de les diffuser.

 

Bonnes vacances à toutes et tous !

Jean-Christophe Thibaud, 06.84.95.87.34

François Debly, 06.13.50.79.69

 

Parlez-vous émotions ?

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Comme l’apprentissage de la lecture nécessite la maitrise de l’alphabet, le décryptage des émotions passe par l’intégration d’un vocabulaire adapté.

La plupart d’entre nous se souviennent d’avoir appris à lire à l’âge de 5 ou 6 ans. Etes-vous capable de vous souvenir de vos premières leçons sur la compréhension de vos émotions ? Je ne parle pas de votre Maman qui vous a expliqué que se mettre en colère c’était mal (d’ailleurs c’est depuis ce jour que vous êtes incapable d’exprimer votre colère…), qu’il ne faut pas pleurer parce que vous êtes une grande fille, et que vous ne devriez pas vous sentir malheureux à cause des autres enfants dans le monde qui sont plus malheureux que vous… Non, je parle d’un vrai décodage lié à vos sensations corporelles et à votre état mental. Vous avez du mal à vous souvenir ? Normal, on ne vous a jamais appris, ni à la maison et encore moins à l’école… Et non seulement, on ne vous a jamais appris à parler émotions, mais on vous a aussi expliquer qu’il fallait se méfier de vos ressentis, de vos larmes, de votre colère, qu’il fallait les cacher ou les travestir pour les rendre acceptable.

Pour parler émotions il faut d’abord définir ce qu’est une émotion. Posé ce cadre, nous pourrons alors décoder l’abécédaire et tenter de faire nôtre cette nouvelle langue.

Emotion : késako ?

L’intérêt accordé aux émotions est finalement assez récent. Elles se situent à mi-chemin des neurosciences et de la psychologie. On a commencé à s’intéresser aux émotions à la fin du XIXième siècle avec, notamment les travaux de Darwin sur « L’expression des émotions chez l’homme et les animaux » (1872). Puis, pendant un siècle, le sujet a prêté à de nombreuses controverses. On peut notamment évoquer les travaux de John Watson, qui considérait les émotions comme des « phénomènes parasitaires dont on aurait intérêt à se débarrasser ».

Le « Petit Robert1 » (dépôt légal, 1er trimestre 1967), en donne la définition suivante :

« Emotion : réaction affective, en général intense, se manifestant par divers troubles, surtout d’ordre neuro-végétatif ».

On appréciera au passage l’emploi du mot « troubles » qui classe au choix les émotions dans la catégorie des déséquilibres ou dans celle des déviations… A vous de voir…

ma-17-02-visages-et-emotionsCe sont finalement les découvertes récentes liés au développement de l’imagerie cérébrale, à la fin du XXème siècle, qui ont donné un coup d’accélérateur à la connaissance de l’esprit émotionnel.

Le vocable des émotions et leurs définitions se sont quelque peu enrichis. Aujourd’hui tout le monde s’accorde pour reconnaître que les émotions engagent à la fois le corps et l’esprit, et qu’elles ne sont qu’une expression naturelle par rapport à un évènement.

« Je désigne par émotion à la fois un sentiment et les pensées, les états psychologiques et biologiques particuliers, ainsi que la gamme de tendances à l’action qu’il suscite », Daniel Goleman.

Apprendre à parler émotions relève donc d’un challenge :

  • Nous commençons seulement à bénéficier des recherches sur le cerveau entreprises dans les années 90 ;

  • Pendant des décennies les émotions ont été victimes des contradictions et hégémonismes de différents courants ;

  • On ne nous a jamais éduqué pour nommer les émotions de manière précise et les utiliser avec discernement.

L’abécédaire des émotions

Cécile est cadre au sein d’un grand groupe. Elle gère une équipe d’une dizaine de personnes. Elle s’ouvre à moi lors de notre première séance de coaching :

« Je vous avertis. Je pleure tout le temps »

Elle m’explique que lorsqu’elle est en colère, elle pleure. Triste, elle pleure. Joyeuse, elle pleure. Et qu’elle préfère parler des émotions des autres plutôt que des siennes… Elle n’a jamais appris à exprimer ses émotions autrement qu’en pleurant…

Pour Daniel Goleman « il existe des centaines d’émotions… leurs nuances sont en fait si nombreuses que nous n’avons pas assez de mots pour les désigner ».

Il n’est donc pas étonnant que nous n’ayons pas les mots pour… Nous avons donc été tous contraints de nous « bricoler » nos propres outils « maisons » pour « faire sortir » ce que nous n’avons jamais appris à exprimer et à ressentir.

Pour débuter l’apprentissage de cette nouvelle langue, autant faire simple. Ayant suivi il y a quelques semaines un séminaire « Coacher les émotions » animé par Daniel Chernet, je partage avec vous une de ses préconisations. Il conseille vivement de se focaliser sur 4 émotions : la colère, la peur, la tristesse et la joie. A cela, il propose d’ajouter quatre sentiments : honte, culpabilité, envie et jalousie. Enfin, quelques sensations primaires permettent de faire le lien avec le corps : « confus », « bloqué », « vide » … En ce qui me concerne ma nature optimiste me conduirait à ajouter une quatrième sensation : « libéré ».

Alors à votre tour, pourquoi ne pas coucher vos émotions sur le papier, vous constituant ainsi votre propre abécédaire… Une sorte de peinture de votre paysage émotionnel intérieur. C’est ainsi que j’avais proposé à un de mes clients, artiste peintre à ses heures, de poser le ressenti émotionnel de nos séances de coaching sur une étoile (cf l’article : « Le coach, le coaché, le tableau et la pépite » https://www.linkedin.com/pulse/le-coach-coach%C3%A9-tableau-et-la-p%C3%A9pite-jean-christophe-thibaud). A notre dernier rdv, il avait amené avec lui sa peinture… une grande émotion.

decryptage-des-emotions-les-comprendre_articleimageC’est durant ma dernière retraite Zen que j’ai pris conscience que la méditation apportait des pistes intéressantes pour cerner la subtilité de nos états émotionnelles. On peut aussi trouver dans la philosophie Zen des éléments de compréhension de l’état émotionnel. Ama Samy, maitre zen indien, évoque le concept de « cœur-esprit » (« hsin/ shin » en japonais).

« Il y a les questions de l’intellect : connaître et être connu. Et il y a aussi les questions du cœur : aimer et être aimé ». (« Cœur Zen, Esprit Zen », éditions Sully).

On peut se demander si ce « cœur/esprit » n’est pas le centre de nos émotions… Mais c’est une autre histoire, un autre article peut-être…

Jean-Christophe Thibaud, 06.84.95.87.34

Emotions : la révolution en marche

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Depuis un peu plus de 2 ans, les émotions et l’intelligence émotionnelle sont devenues l’un de mes chantiers favoris. Les premières pierres ont été posées avec un parcours MBSR de 8 semaines (Réduction du Stress par la Pleine Conscience), quelques retraites Zen, puis un séminaire sur l’intuition l’année dernière en compagnie de Michel Giffard. Ces fondations ont été consolidées la semaine dernière avec une formation de trois jours, « Coacher les émotions », animée par Daniel Chernet (auteur du livre du même nom, éditions Eyrolles).

Je suis désormais animé par la conviction que les émotions et leur corollaire, l’intelligence émotionnelle, vont devenir un enjeu majeur pour les coachs… et les managers. Et ce d’autant plus que la montée en puissance de l’Intelligence Artificielle va nous contraindre à nous différencier de ce que nos collègues robots, et autres androïdes, seront en capacité de produire d’ici quelques années.

Voici ma pensée résumée en trois arguments…

Un apprentissage qui passe par un travail personnel en profondeur…

emotions-corps« Décoder » les émotions chez les autres, c’est très compliqué si… l’on ne commence pas par soi-même !!! En effet, intégrer les émotions dans sa communication c’est mettre des mots sur les « maux », sur des sensations et des ressentis. Or nous n’avons jamais été formés ou éduqués dans ce sens. On nous a même parfois expliqué que nous devions cacher nos émotions, les falsifier ou les travestir pour les rendre acceptables dans notre famille ou la société.

Si nous voulons comprendre l’autre d’un point de vue émotionnel, il faut donc se pencher sur nous-même, et peut-être même accepter de se remettre en cause. Cela va dans le sens de la formation du coach, qui doit en principe s’accompagner d’un travail personnel approfondi. Pour le manager, ce travail de fond s’impose de plus en plus face à la montée en puissance des pathologies liées au stress (« burn-out ») ou à la perte de sens (« bore-out », « brown-out »). Il doit enrichir sa boîte à outils personnel, ne plus hésiter à passer par la case « psychologie », « connaissance de l’autre » et « connaissance de soi ».

Une communication douce, écologique et durable…

Comprendre les émotions passe par une posture basée sur la présence (« ici et maintenant »), l’observation et la volonté de comprendre. Contrairement à nos modes de communication habituels, basés essentiellement sur la parole et l’écoute, les émotions se ressentent. En effet, L’émotion est une réaction du corps face à une situation.

En un mot, il faut cultiver l’empathie. Selon Daniel Chernet, « l’empathie est une manière intuitive de comprendre et de ressentir avec une juste distance, c’est-à-dire sans être envahi par l’émotion, ce que l’autre pense et ressent dans une situation donnée ».Pour « comprendre », « ressentir avec une juste distance », il faut accepter de prendre du temps. C’est certainement une des grandes difficultés de notre époque. La vitesse, le « zapping » permanent, la rapidité quotidienne, aussi bien physique qu’intellectuelle, sont une source majeure de stress et de maux variés, de la dépression à l’infarctus.

Faire preuve d’empathie, c’est donc s’accorder du temps, respecter son équilibre physique et psychique et celui des autres.

L’intelligence émotionnelle est un « méta outil » au service de tous les autres

plutchik-wheel_fr-svgQue serait le QI sans l’intelligence émotionnelle ? Les capacités intellectuelles remarquables ne sont rien si elles ne sont pas servies par l’ouverture, l’aisance relationnelle, l’assurance, la capacité à gérer ses émotions. Pour Daniel Goleman, « ce sont les qualités émotionnelles qui nous rendent plus pleinement humains ». Depuis quelques mois le débat sur les « soft skills » donne un autre relief à ces qualités émotionnelles. Si la créativité, l’aisance relationnelle, l’esprit d’entreprise… ne sont pas des émotions, ils y prennent leur source. La « roue des émotions » de Plutchik répertorie même « l’optimisme », « l’agressivité », « l’anticipation » comme des émotions à part entière. Ces qualités humaines ne figurent pas dans les cv, mais pourtant elles comptent aujourd’hui autant, voire davantage, que les diplômes.

Si vous souhaitez échanger sur ces sujets à forts enjeux, et pourquoi pas développer votre intelligence émotionnelle, nous organisons deux évènements à Toulouse :

  • Un petit-déjeuner gratuit en collaboration avec EMI (Espace Médiation et Idées), le 30 Juin 2017 à Toulouse ;

  • Une Formation « Intégrer les émotions en entreprise », le 22 Septembre en région toulousaine.

Contactez-nous !

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François Debly, 06.13.50.79.69

Je ne peux pas voir les émotions en peinture… sauf « Le déjeuner des canotiers »

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Région parisienne, 19ième siècle

Je suis Angèle, la jeune fille au verre d’eau, perdue au centre du tableau… Auguste m’a demandé de passer. « Viens, on déjeune chez le Père Fournaise, en bord de Seine ». J’ai accepté.. pour lui faire plaisir. Je suis perdue au milieu de cette gaieté. Je n’ai jamais aimé la promiscuité de ces déjeuners. Toute jeune déjà je détestais les réunions de famille. Même avec les bambins de mon âge j’étais prise de panique… Je connais bien ces symptômes : palpitations, sensations d’étouffement, impression que quelque chose d’horrible va m’arriver. Auguste se moque gentiment de moi durant nos longues séances de pause. Il appelle ça de « l’agoraphobie »… Le brouhaha des exclamations et des rires des convives, avant même d’atteindre la terrasse de l’auberge, a fait battre mon cœur comme un tambour fou. On me dit timide, mais non. Ce sont mes muscles tétanisés qui m’empêchent de parler. Auguste m’accueille. Me fait asseoir. Il m’offre un verre d’eau. Je l’absorbe avidement… ma bouche est tellement sèche… ma gorge tellement nouée…

 

Sud-ouest de la France, XXIeme siècle

Obsédé par l’homme de verre, sorti tout droit de l’écran de la télé d’ “Amélie Poulain”, je suis devant mon ordinateur. Je contemple pour la énième fois l’oeuvre d’Auguste Renoir, “ Le déjeuner des canotiers”.

Ce tableau provoque toujours chez moi des émotions et sentiments contrastés. Je vois un groupe de personnes décontractées et joyeuses…. mais je ressens toujours une sorte de malaise, de décalage, de quelque chose “qui cloche”. Comme Raymond Dufayet, l’homme de verre, s’adressant à Amélie Poulain, je fixe la fille au verre d‘eau au centre du tableau. Chaque fois que je tente de m’échapper, mon regard est systématiquement ramenée vers elle. Chaque fois que je la regarde, elle s’échappe… Qui est-elle ? Pourquoi est-elle tellement seule au milieu de ces gens ? Ces questions obsédantes provoquent en moi un étrange malaise, mélange de nervosité, de curiosité et d’envie de faire sa connaissance…

Elle m’échappe… mes émotions aussi… Je voudrais passer de l’autre côté, lui parler, briser le silence, et comprendre…

 

Et bien entendu, pour avancer avec nous en coaching, formation, conférences… c’est par là :

Jean-Christophe Thibaud, 06.84.95.87.34

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«Retour vers le futur : le management de Papy fait de la résistance»

Ou « Comment faire du neuf avec du vieux… »

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Remettre les vieilles méthodes de nos parents et grand-parents au goût du jour est dans l’air du temps. Le vinaigre pour les traces de calcaire dans la douche, le bicarbonate de soude pour retrouver la blancheur éclatante des dents, le sel sur les taches de vin, le coupe chou de grand-papa pour se raser… C’est justement en me tailladant la joue gauche que m’est venue cette pensée :

« Les recettes de management de papy pourraient-elles reprendre du service face aux nouvelles contraintes de l’entreprise ? ».

Jean, mon grand-père, était rentré aux « Laboratoires NATIVELLE », à Longjumeau, comme garçon de course. Au bout de plusieurs dizaines d’années dans l’entreprise, il avait forcément pris du galon. Il était devenu responsable d’une équipe de chimistes, en charge de la transformation de la digitaline en médicament (utilisé dans le traitement de l’insuffisance cardiaque…). Son autorité venait avant tout de son ancienneté, de sa capacité à appeler chacun par son prénom en prenant des nouvelles du petit dernier et de sa rougeole… Pendant la deuxième guerre mondiale, il avait fait pousser des plans de tabac dans le potager au fond de son jardin. Cela lui avait permis notamment d’être apprécié de son directeur, grand fumeur devant l’éternel. Ainsi, quelques années après la fin de la guerre, il avait bénéficié de promotions, sans doute aussi justifiées par trois années de cours du soir pour devenir un parfait chimiste… Bref, il avait largement contribué au succès de NATIVEL, devenu aujourd’hui filiale d’un célèbre laboratoire américain.

Mon père, fonctionnaire aux PTT (La Poste, pour ceux nés après 1991), gérait une vingtaine de postiers. Pour contribuer au maintien du climat social, il se faisait souvent un devoir d’échanger des plants de salade contre des fritures de gardons, des lapins contre des poules. Sans transiger sur les objectifs, on s’arrangeait parfois avec les chiffres, pour le bien de tous cela va de soi. Les relations humaines étaient bien au centre des préoccupations, quelque part entre les collègues de travail et les usagers. Bien entendu, pour lui, une parole valait largement un écrit. Il s’entretenait régulièrement avec chacun de ses postiers. Sa porte était grande ouverte, le café et la vieille prune n’étaient jamais très loin… Il savait remonter le moral de son équipe, trouver les mots et les conseils appropriés. On ne parlait pas de « soft skills », mais ses qualités humaines étaient la clé de son autorité…

Tout cela est-il dépassé ? Absolument pas si l’on en croît la littérature managériale récente. Dans « La faillite de la pensée managériale », François Dupuy critique la politique du management par « tableaux de bord ». Il lui oppose un retour au (vrai) management de proximité. Pour Jim Collins, dans son étude/ ouvrage, « De la performance à l’excellence », le dirigeant de niveau 5 surclasse tous les autres. Il est issu du rang (à l’opposé du dirigeant « mercenaire », embauché pour enrichir les actionnaires en un minimum de temps). Sa priorité ? Savoir « qui faire monter dans le bus ». Autrement dit s’entourer de compétences et investir dans le capital humain avant toute chose. C’est seulement après avoir constitué et complété l’équipage, que l’on se posera la question collégiale de la direction à prendre. Enfin, pour Collins, le très bon manager respecte scrupuleusement la culture de l’entreprise et ses métiers. Il est attentif à ne pas déstabiliser ce qui fonctionnait déjà avant lui.

Dans « Connectez-vous à vous-même », Chade-Meng Tan prône un retour vers le bien-être au travail (il s’y est employé notamment chez GOOGLE). Il développe des principes simples : un collaborateur heureux est un collaborateur investi. Un climat d’entreprise qui repose sur la bienveillance est un climat propice à la créativité, à l’anticipation et aux changements…

vieuxjeuneSi nous opérons un retour vers le futur, quel constat pouvons-nous faire ? Les générations Y et X mettent en avant la solidarité, l’autonomie, la vie personnelle et le bien être… On parle de « compétences douces » pour désigner ce qui étaient déjà les qualités humaines de mon grand-père et de mon père. Le « Chief Happiness Officer » (CH0) remet au goût du jour la petite prune et le café (qui deviennent des « happy hours »). « L’intelligence émotionnelle » parle elle de notre volonté de refaire du lien. Les outils de co-construction sont tous basés sur un retour vers des groupes de travail réduits où chacun se rappelle le prénom de l’autre…

Comme papa et papy, en tant que manager, nous avons constaté que la relation et la légitimité priment toujours sur la structure hiérarchique rigide. En s’inspirant de leur expérience, nous faisons en sorte que les gens travaillent pour eux, et non pour une entreprise désincarnée. Le management à la grand-papa est redevenu la solution locale face à un désordre global…

Et bien entendu, pour avancer avec nous en coaching, formation, conférences… c’est par là :

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