Je ne peux pas voir les émotions en peinture… sauf « La jeune fille à la perle »

jeune-fille-a-la-perleDe songerie à tristesse,

Les pas mènent au chagrin.

Vidée ce matin…

La colère chassait la liesse.

 

 

 

Si rien n’était arrivé ?

Larmes, plaintes sont reines.

Sans fin est la peine.

Tout est ruiné.

 

Pourtant une lumière,

Laisse espérer jours meilleurs.

Colère, euphorie, douleur…

Ramènent la joie première.

 

Sud-ouest de la France, XXIième siècle

Plus je regarde cette jeune femme, plus ma propre jeunesse me revient. Je ressens cette attirance qui anime les garçons de son age, non pas une attirance sexuelle, ni même sexuée, mais quelque chose qui ressemble au parfum de la découverte, à la folie et à l’insouciance. Que veut-elle me dire avec son regard ? A nouveau, je reste coi devant un regard féminin énigmatique. Je me sens attiré, non par sa beauté, mais par l’impérieux besoin de la sauver. Mais c’est déjà fait, Veermer vient de l’arracher à son destin obscur et de la mettre en pleine lumière. Je me sens transparent dans son regard.

 

Jean-Christophe Thibaud (jcthibaud@lectia.fr)

et

François Debly (francois.debly@5d-coaching.com)

Je ne peux pas voir les émotions en peinture… sauf « Le désespéré »

courbet

Correspondance de Gustave Courbet (entre réel et imaginaire)

« Avec ce masque riant que vous me connaissez, je cache à l’intérieur le chagrin, l’amertume, et une tristesse qui s’attache au cœur comme un vampire », écrivait Courbet lui-même, en 1854 à son mécène Alfred Bruyas.

Mon cher Alfred, ma peinture est le reflet de mon âme. Plus qu’un miroir elle est le réceptacle de mes émotions les plus intimes…. La peur, la colère, la tristesse passent de l’état d’humeur diffuse à celui de réalité physique. Je les traduis dans leurs excès: bouche tordue, pupille dilatée, teint pale, contraction de la machoire… Sans mon pinceau et ma toile je deviendrais fou. Ma raison ne résisterait pas aux coups de boutoir de ces tensions intérieures: estomac vrillé, coeur emballé au bord de l’explosion, poings serrés à faire blanchir mes phallanges… Vois-tu, je pense que mon pinceau est un couteau et ma toile la chair d’une victime expiatoire. Mes émotions sont les couleurs dans lesquelles je plonge mon pinceau”.

N’a jamais été écrit par Courbet, mais aurait pu l’être…

 

Sud-ouest de la France, XXIième siècle

La folie me guette. Je me surprends à me toucher les cheveux et la tête pour rester en contact avec moi-même. Ces yeux, ses yeux me fascinent et me vident de mon énergie. Je suis prêt à basculer dans le néant, l’incontrôle, le vide…

Et puis, prenant mon courage à deux mains, je le fixe, bravement. Il se décompose, ses yeux sont baissés, sa bouche exprime de la mélancolie. J’éprouve de la tristesse melangée à un sentiment de malaise. Il ne va pas bien, lui. Moi, finalement, ça va.

La folie, c’est sa folie. Maintenant je m’inquiète pour lui. Que va-t-il faire dans ce mouvement des bras, un coude en avant, un coude en arrière ? Je m’inquiète et je me sens impuissant à l’aider tellement sa détresse semble paroxystique.

Après tout, peut-être que je me trompe. Peut-être ne fait-il que se regarder dans un miroir à vouloir changer sa couleur de cheveux… Non, ce trait d’humour n’enlève pas l’effroi que je ressens. Je frissonne. Je le quitte.

 

Jean-Christophe Thibaud (jcthibaud@lectia.fr)

et

François Debly (francois.debly@5d-coaching.com)

Je ne peux pas voir les émotions en peinture… sauf « Le déjeuner des canotiers »

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Région parisienne, 19ième siècle

Je suis Angèle, la jeune fille au verre d’eau, perdue au centre du tableau… Auguste m’a demandé de passer. « Viens, on déjeune chez le Père Fournaise, en bord de Seine ». J’ai accepté.. pour lui faire plaisir. Je suis perdue au milieu de cette gaieté. Je n’ai jamais aimé la promiscuité de ces déjeuners. Toute jeune déjà je détestais les réunions de famille. Même avec les bambins de mon âge j’étais prise de panique… Je connais bien ces symptômes : palpitations, sensations d’étouffement, impression que quelque chose d’horrible va m’arriver. Auguste se moque gentiment de moi durant nos longues séances de pause. Il appelle ça de « l’agoraphobie »… Le brouhaha des exclamations et des rires des convives, avant même d’atteindre la terrasse de l’auberge, a fait battre mon cœur comme un tambour fou. On me dit timide, mais non. Ce sont mes muscles tétanisés qui m’empêchent de parler. Auguste m’accueille. Me fait asseoir. Il m’offre un verre d’eau. Je l’absorbe avidement… ma bouche est tellement sèche… ma gorge tellement nouée…

 

Sud-ouest de la France, XXIeme siècle

Obsédé par l’homme de verre, sorti tout droit de l’écran de la télé d’ “Amélie Poulain”, je suis devant mon ordinateur. Je contemple pour la énième fois l’oeuvre d’Auguste Renoir, “ Le déjeuner des canotiers”.

Ce tableau provoque toujours chez moi des émotions et sentiments contrastés. Je vois un groupe de personnes décontractées et joyeuses…. mais je ressens toujours une sorte de malaise, de décalage, de quelque chose “qui cloche”. Comme Raymond Dufayet, l’homme de verre, s’adressant à Amélie Poulain, je fixe la fille au verre d‘eau au centre du tableau. Chaque fois que je tente de m’échapper, mon regard est systématiquement ramenée vers elle. Chaque fois que je la regarde, elle s’échappe… Qui est-elle ? Pourquoi est-elle tellement seule au milieu de ces gens ? Ces questions obsédantes provoquent en moi un étrange malaise, mélange de nervosité, de curiosité et d’envie de faire sa connaissance…

Elle m’échappe… mes émotions aussi… Je voudrais passer de l’autre côté, lui parler, briser le silence, et comprendre…

 

Et bien entendu, pour avancer avec nous en coaching, formation, conférences… c’est par là :

Jean-Christophe Thibaud, 06.84.95.87.34

François Debly, 06.13.50.79.69

 

 

 

Je ne peux pas voir les émotions en peinture… sauf « La Joconde »

oneline-mona-lisa-joconde-vinciDans les environs de Florence en 1501…

« Je suis assise. La douceur d’un paysage de toscane m’accompagne. Le maître a fait venir quelques musiciens… Je suis bien. Le temps s’est arrêté. Seul compte l’instant présent. Hier n’existe déjà plus. Demain reste à inventer. C’est cela que Léonard veut capter… Une goutte d’éternité. Tous mes muscles sont relâchés. Ma respiration est tranquille, douce. Mon souffle va et vient… lentement… sans à-coups… Mon visage est comme une eau tranquille, sans rides, sans inquiétudes, sans attente… Mon sourire est imperceptible. Il est à l’intérieur de moi… Un demi sourire de Bouddha en quelque sorte… J’aimerais temps que Léonard puisse le retenir sous son pinceau de soie… »

 

5 mai 2017 au Louvre :

« En cette fin d’après-midi, l’esprit encore agité de la folle journée que je laisse derrière moi, je m’installe devant le tableau de la Joconde. J’admire le chef-d’œuvre de Léonard, non sans une certaine tension. Mona Lisa est pour moi une énigme. Fatigué, las de toute cette agitation, je décide alors de me laisser aller, pris dans une étrange langueur. J’écoute ce qui se passe en moi, simplement, avec bienveillance et sans jugement : je suis comme un enfant pris dans une douceur maternelle. Mona Lisa me rassure. Son sourire si fragile s’impose. Elle a finalement vaincu mes interrogations méfiantes, levé les barrières de mon mental…et apaisé mes ressentis corporels.»