Je ne peux pas voir les émotions en peinture… sauf « La jeune fille à la perle »

jeune-fille-a-la-perleDe songerie à tristesse,

Les pas mènent au chagrin.

Vidée ce matin…

La colère chassait la liesse.

 

 

 

Si rien n’était arrivé ?

Larmes, plaintes sont reines.

Sans fin est la peine.

Tout est ruiné.

 

Pourtant une lumière,

Laisse espérer jours meilleurs.

Colère, euphorie, douleur…

Ramènent la joie première.

 

Sud-ouest de la France, XXIième siècle

Plus je regarde cette jeune femme, plus ma propre jeunesse me revient. Je ressens cette attirance qui anime les garçons de son age, non pas une attirance sexuelle, ni même sexuée, mais quelque chose qui ressemble au parfum de la découverte, à la folie et à l’insouciance. Que veut-elle me dire avec son regard ? A nouveau, je reste coi devant un regard féminin énigmatique. Je me sens attiré, non par sa beauté, mais par l’impérieux besoin de la sauver. Mais c’est déjà fait, Veermer vient de l’arracher à son destin obscur et de la mettre en pleine lumière. Je me sens transparent dans son regard.

 

Jean-Christophe Thibaud (jcthibaud@lectia.fr)

et

François Debly (francois.debly@5d-coaching.com)

Le manager de demain : homme de ménage et maitresse de maison ?

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Il y-a dix ans, une étude de BPI mettait en avant qu’un salarié français sur deux trouvait son supérieur mou et incompétent… La même étude expliquait qu’un français sur deux ne suivait pas les directives de son supérieur. En 2014, dans une étude de l’IFOP, 53% des personnes interrogées mettaient en avant que leur travail n’était pas reconnu à sa juste valeur dans l’entreprise.

En 2017, plusieurs études laissent penser que nous n’avons pas beaucoup progresser. Pour KANTAR TNS, si 86% des managers se déclarent très engagés dans le projet des entreprises, seulement 59% de leurs collaborateurs partagent cet engagement. Lorsque 94% des managers estiment être de bon managers, 36% de leurs collaborateurs ne sont pas de cet avis. Dans le “Baromètre National du Bonheur” (vaste programme…) publié par “La Fabrique Spinoza”, les salaries français interrogés accordant une note moyenne de 5,3/10 concernant leur satisfaction au travail. Enfin, dans un sondage “Opinion Way- J’aime ma boîte- Privateaser”, 68% des personnes interrogées désirent plus de reconnaissance de la part de leur employeur…

Et si, pour changer les comportements il fallait simplement se souvenir de la racine du mot « manager » ? Comme le disait un de mes vieux professeurs de français : « avant de te lancer dans des explications sur un mot, va donc voir sa racine latine… ». Du latin « manere », demeurer, séjourner, puis « maneir », « maisnie », maison, famille, puis administration domestique… Donc « maison », « ménage », « ménagé », ont les mêmes origines que « manager »… Le manager ne serait-il pas tout bonnement celui ou celle qui cumule les capacités pour tenir un intérieur, les qualités pour que ceux qui habitent cet intérieur aient envie d’y demeurer pour travailler à la construction et au développement de la maison ?

Dans un article précédent, « Management : le pire n’est pas forcément à venir », nous avons attiré l’attention sur les nouvelles donnes du management, de l’IA (Intelligence Artificielle) aux neurosciences. Certaines tâches disparaîtront, d’autres seront automatisées, les missions du manager pourraient se vider de leur sens…

A un risque de déshumanisation de l’entreprise on peut opposer de nouvelles compétences « douces », propres à la gestion de la « maisnie ». Cet endroit chaleureux donne du sens à la vie du groupe : famille recomposée, couples divorcés qui se sont retrouvés, fratrie et ses géniteurs, personnes pacsées…

agreement-2365811_960_720A l’image de cette maison, l’entreprise peut devenir le lieu où des humains aux intérêts divergents se retrouvent pour former une cellule aux intérêts convergents. Ce groupe d’hommes et de femmes verra ses liens soudés par l’action du maitre ou de la maitresse de maison, le manager.  Ce dernier par la vertu de ses qualités établira des liens durables ou conjoncturels (projet) entre tous ces habitants de passage.

 

Dans le modèle de “l’entreprise libérée” le manager est un peu cette maitresse de maison. Il construit un “foyer” éphémère pour une équipe éphémère. Il y a fort à parier que ce rôle se généralise à toutes les entreprises dans la décennie à venir. Le bien-être au travail est constitué de quatre axes majeurs : la relation à soi-même, la relation au travail (est-ce que ce que je fais a du sens ?), la relation aux managers et la relation aux autres. N’est-ce pas par des qualités d’accueil, d’empathie, d’accompagnement, de partage… que l’on peut susciter et coordonner ces quatre relations ? N’est-ce pas aussi à l’aune de ces “soft skills” que nos amis et relations mesurent notre capacité à leur ouvrir notre “maisnie” ?

 

 

Jean-Christophe Thibaud (jcthibaud@lectia.fr)

et

François Debly (francois.debly@5d-coaching.com)