Archives mensuelles : mars 2017

Comment mal choisir son coach

 military-662863__340

Comment mal choisir son coach

Dans un article précédent (« Comment bien choisir votre coach ? Bien mûr »), nous avions tenté de poser quelques jalons pour bien choisir son futur coach. Notre propos se voulait avant tout pragmatique.

Afin de compléter cette approche, nous avons pris le parti de nous mettre dans les chaussures de celui ou celle parti en quête du coach de ses rêves. Nous avons tenté de mettre à jour les obstacles qui pouvaient conduire à l’échec… pour finalement mal choisir son coach… Et si l’on apprend à « mal » choisir, on sera alors apte à bien choisir !!!

Les motifs qui peuvent conduire à l’impasse sont multiples. Ils peuvent-être liés aux coachs eux-mêmes. Il n’est pas toujours aisé de choisir la bonne personne parmi les centaines de coachs formés chaque année par les 1 000 organismes de formation répertoriés en France. Et ils ont tous une durée de pratique très inégale (un coach sur deux à une expérience de moins de cinq ans).

Les causes des échecs se nourrissent aussi des dérives liées à l’évolution du vocabulaire du coaching et sa récupération par le marketing et la publicité. A force de voir les vendeurs de téléphone vous « coacher » dans le choix de votre appareil dernier cri, où les chanteurs de « Star Academy » être coachés vers le succès, on finit par imaginer que le coaching est une baguette magique…. Enfin, l’évolution de certains paradigmes liés au monde de l’entreprise peut aussi être un « filtre » perturbateur des mauvaises raisons qui amènent à la décision du coaching. Je pense notamment à la croyance que le bonheur est désormais de la responsabilité de l’entreprise.

Pour observer ces écueils de plus près, nous allons embarquer une petite caméra sur l’épaule de Béatrice, dite « Béa », et Paul… Nous allons les suivre pas à pas dans leurs parcours de recherche du coach « idéal »…

Dans ce premier article, nous découvrirons comment Béa va tomber dans le « piège » d’un coach de vie peu regardant… Dans un article à venir, nous accompagnerons Paul à la recherche d’un coach pour l’aider à prendre ses nouvelles fonctions de directeur commercial…

Béatrice (Béa) cherche un coach de vie

Béatrice est cadre dans l’assurance. Suite à des difficultés personnelles et professionnelles, elle opte pour un accompagnement sous forme de coaching. Ne souhaitant en parler à personne, elle procède elle-même à une recherche via Internet. Lorsque qu’elle tape le terme « coach » sur Google, le premier lien qui apparaît renvoie vers le site d’une célèbre marque de textile et d’accessoires… Puis, défilent sous ses yeux des mots et expressions tels que : « Coaching de vie – Vaincre ma dépression », « Accompagnateur professionnel », « Votre coach sportif et nutrition en ligne », puis les noms d’une pléthore d’organismes de formation divers et variés…

A dire vrai, le marché du coaching attire de nombreux candidats, souvent en reconversion professionnelle. Nous assistons au même phénomène que dans les années 90, où un certain nombre de cadres en rupture de ban, embrassaient le métier de consultant. Rien n’est plus simple que de se faire faire une carte de visite…

Béatrice est donc face à un marché qui regorge de propositions…. Ce que Béatrice ne sait pas, c’est que le coaching professionnel répond à plusieurs critères et exige des compétences fortes . La dénomination « coach » est elle-même désormais renseignée au sein du RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles). L’acquisition et le renouvellement de ces compétences nécessite un travail important de formation, de supervision et de travail sur soi de la part de chaque coach… C’est d’ailleurs l’objectif de plusieurs organismes professionnels de communiquer sur ces éléments (ICF, SF Coach, EMCC…).

Finalement, Béatrice se décide après être tombée sur un bandeau Internet affirmant « 100% de réussite ».

« Allo ? Bonjour…Voilà, je vous appelle pour un rendez-vous… J’aimerais aussi avoir quelques renseignements : comment se passent les séances ? Et quels sont vos tarifs ? ».

Une voix douce masculine lui répond : « Oui, bien sûr, je vous propose de nous voir mardi à 16h, je vous expliquerai tout ça »

« Heu, oui, d’accord », s’entend dire Béa.

Le mardi, 16h, Béatrice entre dans l’arène. Le coach écoute Béatrice, puis lui dit : « bon, je vois ce que c’est. Ne vous inquiétez pas j’ai l’habitude ! Vous avez besoin de travailler sur votre confiance !!! C’est un grand classique ! Votre enfant intérieur a besoin d’être aimé, et je vais vous apprendre comment ».

alex-panayi-872566__340A la fin d’une séance difficile, Béatrice se demande ce qu’elle est venue faire là. Elle a payé 120 euros (tarif dont elle a pris connaissance à la fin de la séance…). Quand elle a dit au coach qu’elle souhaitait réfléchir avant de reprendre un rendez-vous, celui-ci lui a répondu qu’elle ne pouvait pas s’arrêter comme ça. Et que le fait qu’elle souhaite mettre fin à ce travail est justement symptomatique de son manque de confiance !

Béa a donc rempilé pour plusieurs séances, s’enfonçant petit à petit dans une dépendance croissante vis-à-vis de son coach.

La qualité de la relation mesure la qualité du coaching

Béatrice a commis quelques erreurs dans son choix de coach, la première étant de rester seule face à un choix. La recommandation par le réseau est certainement le meilleur moyen de trouver un coach de vie à sa mesure. Si votre réseau, des amis, de la famille vous recommandent le nom d’un coach qui les a accompagnés avec succès, alors il y a de fortes chances pour que ce soit le bon praticien pour vous aussi…

Béatrice a manqué de prudence… Elle aurait dû insister pour en apprendre davantage avant le rendez-vous : tarifs, déroulement des séances, techniques utilisées, déontologie, certifications et formations de son futur coach… Tout ceci aurait pu lui être fourni par téléphone ou par mail… Un refus ou des approximations aurait pu alors lui mettre la puce à l’oreille…

Vous pouvez arrêter un coaching quand bon vous semble. Même le coach doit connaître ses limites et arrêter un processus d’accompagnement de son propre chef. Il peut par exemple suggérer un autre confrère ou réorienter la personne vers un travail thérapeutique (qu’il ne prendra pas en charge bien entendu…). Il est donc en capacité de dire : « je ne sais pas faire. Ce dont vous me parlez dépasse mes compétences. Nous allons arrêter là ». De même que Béatrice est en droit de dire « Le coaching ne me convient plus. Je préfère ne pas aller plus loin ». Ou plus simplement : « Je prends un peu de recul. Je vous rappellerai plus tard ».

Le coaching est l’inverse de la dépendance, puisque c’est l’autonomie de la personne qui est visée…

Enfin, un coach travaille sur les objectifs de son client. Il n’impose rien.

life-2048978__340Mais au final, s’il n’y avait qu’un seul critère à retenir, ce serait celui de la relation. La qualité de la relation mesure la qualité du coaching. Tant que vous êtes en confiance avec votre coach, que vous vous sentez mieux dans votre vie quotidienne, vous pouvez poursuivre… jusqu’au moment où il devient évident pour vous d’arrêter l’accompagnement. Votre coach vous aura de toute façon proposé un nombre limité de séances. C’est aussi la différence avec un travail thérapeutique…

Et bien entendu, pour avancer avec nous en coaching, formation, conférences… c’est par là…

Jean-Christophe Thibaud, 06.84.95.87.34

François Debly, 06.13.50.79.69

Conférence émotions devant la FFMAS

Jean-Christophe a donné une conférence devant la FFMAS sur le thème de la gestion des émotions au sein de l’entreprise :

Un très agréable préambule à la formation qui se déroulera en septembre en région toulousaine !

 

Jean-Christophe Thibaud, 06.84.95.87.34

François Debly, 06.13.50.79.69

 

Management et émotions, partie IV: … la tristesse

 woman-1765440_960_720

La tristesse a mauvaise presse. Avec la honte, elle fait partie de ce lot d’émotions inavouables et inexprimables en milieu professionnel. Quelqu’un qui fond en larmes est forcément perçu par son entourage professionnel comme une personne qui craque. En tant que coach, nous rencontrons souvent des managers qui s’avouent totalement démunis lorsque leurs collaborateurs (trices) s’effondrent dans leur bureau. Et pourtant, au même titre qu’une autre émotion, la tristesse porte un message utile à entendre. Elle représente souvent les prémices du changement et du renouveau. Savoir l’appréhender en tant que manager est aussi important que de pouvoir gérer la colère ou la joie.

Le directeur de votre entreprise, Monsieur Badeniouse, réunit tout le personnel dont vous faites partie. Il vous annonce que l’entreprise déménage pour s’installer dans une ville à 50 km du lieu de l’implantation actuelle. Face à cette terrible nouvelle, votre première réaction, et celle de l’ensemble de vos collègues, est de rester bouche-bée, sidéré. Chacun partage la même pensée récurrente : “Non, ce n’est pas possible… il plaisante… Ce n’est pas juste…personne ne nous a demandé notre avis”. Votre monde s’écroule. Plus rien n’existe que cette nouvelle.

woman-1829502__340Vous voilà pris dans la fameuse courbe du deuil de Kübler-Ross. Plus précisément, vous vous situez dans la phase initiale, celle du “déni”. Chez certaines personnes, cette phase peut durer très longtemps. Ainsi, Je me souviens de cette responsable de site régional. Son unité devait fermer. Pendant les 2 ans de préparation de la cessation d’activité, elle a refusé de croire que cela se produirait. Les rendez-vous avec ses managers revenaient à planifier un futur qui n’existait plus. Ses discours auprès de ses collaborateurs faisaient état d’une continuité, allant à contre-courant de ce qui pourtant lui avait été annoncé. Elle ne pouvait entendre raison, et persistait à planifier le futur comme si la fermeture ne devait pas intervenir. C’est ainsi aussi que certaines personnes qui viennent de perdre un proche, continuent de mener leur vie comme si le disparu vivait dans la pièce d’à côté…

Chez la plupart des gens, la phase de déni débouche assez rapidement sur une phase de colère.

Lorsque vous vous êtes ressaisi face à l’annonce de M. Badeniouse, vos joues se sont empourprées, votre gorge s’est nouée, votre cœur a accéléré ses pulsations et vos poings se sont refermés… Vous avez presque crié que ce n’était pas possible : « les enfants, l’école, les transports, la pause déjeuner, l’emploi de votre conjoint… Vous vous opposerez à ce « dictat », peut-être même jusqu’à la grève si nécessaire ! ». Et vous pouvez même (c’est la phase d’après), marchander pour que ce déménagement n’ait pas lieu (« il doit bien y avoir un moyen de l’éviter…si vous voulez, on ira avec vous chez le banquier, renégocier les mensualités, et Tristan, à la compta, peut vous faire des propositions, on en a déjà parlé … »).

youth-1381154__340Bien entendu, ces étapes ne sont pas sans retour. Vous pouvez revenir en arrière. Ce n’est pas parce que vous marchandez que vous n’allez pas retomber dans le déni… Ainsi, un bruit enfle dans l’entreprise. Il laisse penser que le “patron”, finalement, renonce au déménagement. Ce n’est bien entendu qu’une rumeur…

Après le choc, le déni, la colère et le marchandage, vient alors la tristesse, phase également appelée “vallée des larmes”. Notre cerveau a besoin de cette émotion pour changer de configuration et s’adapter au changement. Elle permet d’évacuer l’énergie emmagasinée et aide à une réorganisation interne… Petit à petit se fait jour la pensée suivante : “Dorénavant, tu dois accepter que le monde ne soit plus comme tu l’as connu. Tant que cette acceptation ne voit pas le jour, la tristesse perdure sous plusieurs formes : les larmes, le blues, la nostalgie, voire la dépression si la tristesse dure trop longtemps.

woman-1568708__340Derrière la tristesse, il y a l’acceptation et l’ouverture vers de nouveaux horizons. Mais, tant que je n’ai pas traversé la tristesse, et accepté le changement proposé, je ne peux pas voir le bénéfice possible (le « cadeau » caché). Cette phrase peut résonner durement pour ceux qui ont eu l’impression de perdre beaucoup dans un changement parfois violent (décès d’un proche, licenciement, divorce, …). Pourtant, rester bloqué dans l’injustice n’a jamais aidé personne, et n’a jamais permis d’évoluer…

Finalement, le déménagement est intervenu. Vous avez fini par vous approprier les nouveaux locaux. Pendant la pause déjeuner, le parcours santé qui jouxte l’entreprise, et serpente dans un petit bois, vous a permis de vous remettre au sport. Dans le nouvel open space, vous avez changé de voisin. Jean-Louis, qui vous tapait sur les nerfs depuis des mois, a été affecté à l’autre bout du bâtiment. Il a été remplacé par Cécile, la collègue « super cool » avec qui tout est facile.

Alors, cette tristesse, qu’allez-vous en faire ? Pour le savoir, la prochaine fois que vous la croiserez, plongez dedans sans retenue et sans remord. Car comme le dit un proverbe africain “c’est du fond du puits qu’on voit le mieux les étoiles”. Et si vous êtes manager, osez accompagner votre collaborateur dans son parcours de deuil. Ecoutez le, aidez-le à maintenir le cap et acceptez de négocier ce qui peut l’être pour lui permettre de se réinvestir. Finalement, aidez-le à se projeter dans le futur, en regardant vers le haut… Vous l’aiderez à diminuer son angoisse…

La tristesse n’est rien d’autre qu’un mur qui s’élève entre deux jardins.” Khalil Gibran , “Le sable et l’écume”.

Et bien entendu, pour retrouver tous nos articles, c’est par ici :

https://www.breakfastcoaching.fr

Pour avancer avec nous en coaching, formation, conférences… c’est par là…

Jean-Christophe Thibaud, 06.84.95.87.34

François Debly, 06.13.50.79.69