Je ne peux pas voir les émotions en peinture… sauf « Le déjeuner des canotiers »

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Région parisienne, 19ième siècle

Je suis Angèle, la jeune fille au verre d’eau, perdue au centre du tableau… Auguste m’a demandé de passer. « Viens, on déjeune chez le Père Fournaise, en bord de Seine ». J’ai accepté.. pour lui faire plaisir. Je suis perdue au milieu de cette gaieté. Je n’ai jamais aimé la promiscuité de ces déjeuners. Toute jeune déjà je détestais les réunions de famille. Même avec les bambins de mon âge j’étais prise de panique… Je connais bien ces symptômes : palpitations, sensations d’étouffement, impression que quelque chose d’horrible va m’arriver. Auguste se moque gentiment de moi durant nos longues séances de pause. Il appelle ça de « l’agoraphobie »… Le brouhaha des exclamations et des rires des convives, avant même d’atteindre la terrasse de l’auberge, a fait battre mon cœur comme un tambour fou. On me dit timide, mais non. Ce sont mes muscles tétanisés qui m’empêchent de parler. Auguste m’accueille. Me fait asseoir. Il m’offre un verre d’eau. Je l’absorbe avidement… ma bouche est tellement sèche… ma gorge tellement nouée…

 

Sud-ouest de la France, XXIeme siècle

Obsédé par l’homme de verre, sorti tout droit de l’écran de la télé d’ “Amélie Poulain”, je suis devant mon ordinateur. Je contemple pour la énième fois l’oeuvre d’Auguste Renoir, “ Le déjeuner des canotiers”.

Ce tableau provoque toujours chez moi des émotions et sentiments contrastés. Je vois un groupe de personnes décontractées et joyeuses…. mais je ressens toujours une sorte de malaise, de décalage, de quelque chose “qui cloche”. Comme Raymond Dufayet, l’homme de verre, s’adressant à Amélie Poulain, je fixe la fille au verre d‘eau au centre du tableau. Chaque fois que je tente de m’échapper, mon regard est systématiquement ramenée vers elle. Chaque fois que je la regarde, elle s’échappe… Qui est-elle ? Pourquoi est-elle tellement seule au milieu de ces gens ? Ces questions obsédantes provoquent en moi un étrange malaise, mélange de nervosité, de curiosité et d’envie de faire sa connaissance…

Elle m’échappe… mes émotions aussi… Je voudrais passer de l’autre côté, lui parler, briser le silence, et comprendre…

 

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